Pour sa deuxième finale à Melbourne, Roger Federer n'a pourtant pas joué le meilleur tennis de sa carrière. Malmené par la fougue et l'enthousiasme de Marcos Baghdatis pendant deux sets, le Suisse a puisé dans ses ressources pour faire basculer la rencontre en sa faveur.
Dans une ambiance chaleureuse, où le public australien, bien aidé par le "kop" chypriote, a rendu hommage aux efforts de l'outsider du jour, Roger Federer a mis longtemps pour trouver ses marques. Irrégulier en coup droit, pas assez efficace à la volée, le Suisse a plutôt subi l'échange, gêné par la profondeur de balle de son adversaire. Breaké une première fois sur la première balle de break de Marcos (2/3), Roger est intervenu immédiatement (3/3), mais cet avertissement n'a pas suffi.
A 5/5, sur des secondes balles, Baghdatis appuie ses retours et Federer flanche en coup droit. Incroyablement solide en première balle depuis le début du tournoi, le tombeur de Stepanek, Roddick, Ljubicic et Nalbandian, fait trembler le numéro un mondial en ravissant le premier set en 43 minutes.
Le scénario ouvre des perspectives inattendues d'autant plus que la deuxième manche débute par un nouveau break du Chypriote (0/1). Roger joue pourtant un peu plus juste mais cela ne suffit pas. A 0/2, sa première balle ne le met pas à l'abri de deux balles de double break ! Baghdatis ne serre pas le jeu en retour et s'éparpille. Il perd le jeu et le suivant sur son engagement (2/2). Mais le vrai tournant du match se situe un peu plus tard. Federer a été convaincant au service. A 6/5, le héros de l'Académie Mauratoglou tient trois balles de jeu décisif à 40/0.
Un relâchement coupable et le voilà assommé, quand, sur la première balle de set, le juge de chaise annonce faute une attaque de coup droit jugée bonne par le juge de ligne. Les "bonnes vibes", s'éloignent, et le poids des exploits arrachés pendant quinze jours pétrifie le bouillant Marcos.
Le numéro 1 mondial, soudainement remis sur les rails, retrouve des statistiques de vainqueur au service (16 fautes directes au 1er set, 13 au second puis 4 au 3ème set...). Baghdatis, victime de crampes dans le quatrième set, a encaissé onze jeux de suite. Brisé par la perte de la seconde manche, il n'a pas eu la force de profiter des erreurs de Federer, à nouveau en difficulté dans l'échange au milieu du set.
La logique est donc une fois de plus respectée, mais l'hégémonie de Federer est plus fragile que jamais. Usé nerveusement par la bataille et une quinzaine plus éprouvante que d'habitude (4 set contre Kiefer et Davydenko, un match en cinq sets face à Haas et avant des victoires contree Mirnyi, Mayer et Istomin ), Roger n'a perdu le contrôle de la situation qu'au moment de recevoir la Coupe.
Bousculé par le Chypriote Marcos Baghdatis pendant deux sets, Roger Federer a remporté son septième titre du Grand Chelem. Le Suisse a maîtrisé la fougue de son adversaire et contrôlé la fin de partie pour s'imposer 5/7 7/5 6/0 6/2. Avec sept titres du Grand Chelem, il égale entre autres John McEnroe et Mats Wilander.
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